À travers le Suivi communautaire (Community-Led Monitoring – CLM), réalisé avec l’appui du Fonds mondial, l’Union Congolaise des Organisations des Personnes vivant avec le VIH (UCOP+), en collaboration avec le CAD, le CNRSC et la FFP, lance un double plaidoyer en faveur d’une amélioration de la prise en charge des personnes affectées par le VIH, la tuberculose et le paludisme en République démocratique du Congo.
Le premier plaidoyer met en lumière les ruptures récurrentes de médicaments et d’intrants essentiels. Les données collectées entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026 indiquent que 90,6 % des structures de santé ont enregistré des ruptures de produits destinés à la prise en charge du VIH, 56,3 % pour la tuberculose et jusqu’à 47 % pour le paludisme. Les provinces du Nord-Kivu, de Kinshasa et du Kasaï-Oriental figurent parmi les plus touchées. Selon l’UCOP+, ces pénuries favorisent les interruptions de traitement, retardent les diagnostics, augmentent les risques de résistances aux médicaments et compromettent les efforts de lutte contre ces trois maladies.
Le second plaidoyer dénonce la persistance des paiements illicites exigés aux patients pour des services pourtant censés être gratuits. Les résultats du suivi communautaire montrent que 11 % des bénéficiaires des services liés au paludisme au Nord-Kivu déclarent avoir payé pour accéder aux soins, contre 5 % à Kinshasa et 1 % au Kasaï-Oriental. Des cas similaires ont également été rapportés dans les services de lutte contre le VIH et la tuberculose. L’organisation estime que ces pratiques constituent une barrière importante à l’accès aux soins, accentuent les inégalités et affaiblissent la confiance des populations envers le système de santé.
Face à cette situation, l’UCOP+ appelle les Programmes nationaux de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, la PNAME, SANRU ASBL, le PNUD ainsi que les Divisions provinciales de la santé à prendre des mesures urgentes pour rétablir la disponibilité des médicaments, faire respecter la gratuité des services et renforcer durablement la qualité des soins au bénéfice des populations concernées.