Résumé
La RDC, avec une prévalence du VIH estimée à 1 %, fait face à une forte stigmatisation des PVVIH, en particulier des populations clés (HSH, transgenres, travailleurs du sexe, UDI). L’étude visait à documenter ces expériences et leur impact sur l’accès aux soins. Une enquête transversale nationale a été réalisée en 2025 auprès de 1 150 PVVIH dans cinq provinces, combinant questionnaires électroniques et entretiens qualitatifs. Les données ont été recueillies via l’Index Stigma 2.0 et analysées statistiquement à l’aide du logiciel STATA, R et JAMOVI. L’âge médian des participants était de 35 ans, avec une diversité de genre notable (12,1% transgenres). Sur le plan socio-économique, 37,8% étaient sans emploi et 80% manquaient de moyens pour leurs besoins vitaux. La divulgation du statut VIH restait limitée (52,6%), souvent vécue négativement. La stigmatisation externe se traduisait par l’exclusion sociale (18%), religieuse (12%), des violences verbales (50%) et des divulgations non consenties (48,6 %). La stigmatisation intériorisée était marquée par la honte (56,2 %), la culpabilité (54,8 %), l’isolement (42,4 %) et le renoncement à l’emploi (58,4 %). Sur le plan médical, 96 % étaient sous ARV, mais seulement la moitié étaient certains de la suppression virale, et 20,9 % n’avaient pas réalisé de test de charge virale récent. Les comorbidités les plus fréquentes étaient les maladies non transmissibles (62 %), les IST (53 %) et la tuberculose (34 %). L’étude montre que la stigmatisation, externe et intériorisée, demeure un obstacle majeur à la santé et à l’intégration sociale des PVVIH en RDC. Elle appelle à renforcer le dépistage précoce, la sensibilisation communautaire, la protection des droits des populations clés, le soutien psychosocial et la réduction des inégalités éducatives et économiques.